Rupert; hongre demi-sang de huit ans
Une cause d’inquiétude supplémentaire à laquelle les vétérinaires ont souvent à faire face est cette phrase menaçante: "Si vous ne trouvez pas une solution pour mon cheval dans les trois prochaines semaines, nous devrons l’achever." Il n’arrive pas souvent que les parents du petit Florian arrivent en consultation, disant: "Vous avez deux semaines pour le guérir, sinon nous devrons le piquer!"
Telle était la situation avec Rupert. Il avait développé un important sarcoïde (tumeur bénigne) au bord de l’œil gauche qui n’était plus qu’à une fraction de millimètre de la cornée. La tumeur était inopérable de par sa position et il était évident qu’on ne pouvait le laisser souffrir de cette façon. La tumeur grossissait rapidement, d’où l’échéance des trois semaines.
Ce qui m’apparût comme absolument évident, lors de ma rencontre avec Rupert, c’est qu’il ne voulait définitivement pas être regardé, refusant même de laisser quiconque l'approcher sur son côté gauche; Rupert se mettait alors à trotter à reculons, se cabrait sans arrêt et apparaissait complètement angoissé.
Après avoir été un cheval affectueux, facile, intégré dans sa harde et ayant une relation proche avec sa propriétaire, Rupert était devenu sévèrement déprimé, s’isolant des autres chevaux et des gens, et réticent à se laisser attraper.
Après un quart d’heure de discussion avec sa propriétaire, toujours incapable d’observer ce que l’on me demandait de traiter, celle-ci dut s’absenter et je me retrouvai seule avec Rupert.
Prenant bien soin de ne pas le regarder, je laissai traîner mon regard sur les prés environnants, essayant désespérément de trouver un moyen pour aider ce cheval quand… je sentis une haleine chaude sur mon cou. Les cinq minutes suivantes, Rupert resta là, son museau pressé sur mon épaule. Quand je pus finalement me retourner, il me laissa examiner son œil. A ce moment, je devins éperdument amoureuse de ce cheval, d’une manière que je n’avais jamais éprouvée avant pour un cheval/patient - d’une manière très sentimentale. La confiance qu’il me prodiguait était incroyable.
Travaillant sur son cas, il me parut évident que
‘regarder’ devait être une considération majeure :
- sa propriétaire ne voulait pas regarder, cela lui était trop pénible
- je voulais regarder
- Rupert était certain qu’il ne voulait pas être regardé
Bien que je ne puisse pas avoir de certitudes sur les sentiments de Rupert à mon égard, je décidai d’inclure dans mes recherches mes sentiments pour lui…
Mental; être regardé, ne supporte pas: aggrave les symptômes mentaux
Mental: sentimental (voir romantique)
Peau: ERUPTIONS, croûteuses, en écailles
ERUPTION face, croûteuse
Prescription: Antimonium crudum 200, deux fois par jour pendant trois jours.
Trois semaines après la prise du remède
Cinq semaines après la prise du remède
Rupert: deux ans plus tard
Aussi merveilleuse que la disparition du sarcoïde, fut la réapparition du Rupert d’antan. A nouveau il rejoignit sa harde, ses yeux perdirent cette expression tragique et désespérée, et il retrouva la relation chaleureuse qui avait auparavant existé avec sa propriétaire.
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Mots clés: Sarcoïde, œil, regarder/pas regarder, dépression, isolation
Remèdes: Antimonium crudum
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Reply #2 on : Sat May 31, 2014, 07:27:19
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Reply #1 on : Fri July 19, 2013, 10:40:27